Il court… Pinocchio

spectacle jeune public      PDF

mercredi 7, samedi 10  et mercredi 14 décembreà 14h30.

Salle de l’Atelier de l’Exil

Du 5 au 14 décembre, séances scolaires à la demande

D’après «Les aventures de Pinocchio » de Carlo Collodi.

L’histoire commence par « Il était une fois…», nous sommes du côté des contes, dans un univers fabuleux où un morceau de bois peut être animé et doué de parole, où jaillissent les personnages typiques des contes : des animaux qui parlent, une Fée aux cheveux bleus.

Mais Pinocchio n’est pas un véritable héros, il n’accomplit aucun véritable exploit. Il est curieux, naïf, menteur, capricieux, malicieux, insouciant. D’une naïveté confondante, il se fait gruger et rouler dans la farine. Souvent plein d’intentions louables, il se laisse tenter par sa curiosité, mener par son appétit de plaisir. Et il court, il court d’aventures en aventures à toute allure, et haletant, pose mille et une questions, vit toutes ses rencontres et ses aventures sans arrière pensée ni calcul, avec générosité, sans réserve.

A son père, puis « à sa bonne petite fée », il promet de devenir un bon garçon comme il faut, obéissant et docile,  mais il a soif de liberté, de mouvement, de découverte, et il s’échappe.

Les personnages qu’il rencontre, humains ou animaux, réels ou magiques, sont tous assez ambivalents. Ils ne protègent pas l’enfant, beaucoup agissent en fonction de leur intérêt, sans générosité.

La fin me déplaît !

Collodi était pédagogue et la fin de son récit obéit aux normes de l’époque. ( Dans la première écriture, l’histoire du roman s’achevait avec la mort de Pinocchio tué par les brigands, vaincu par la méchanceté et la cupidité. Collodi n’était pas optimiste ).

Pour beaucoup, Pinocchio évoque les turbulences de la jeunesse, les tentations et les obstacles qui jalonnent le chemin de la découverte, les épreuves qui édifient, élèvent. La réalisation de soi dans un monde où, à la voix de la raison s’opposent l’insouciance et la toute-puissance du plaisir.

Pourquoi Pinocchio deviendrait-il un vrai petit garçon bien comme il faut ? Il y perdrait toute son énergie vitale. Plus d’action, plus d’aventure. Il serait enfermé à la maison, collé devant son écran comme tout le monde, bien sage, docile, formaté, prêt à acheter sur internet ?

C’est justement le désordre, le chaos qui est attirant.

Il faut que je trouve quelque chose de plus ouvert.

Une version où il serait moins dompté.

Peut-être une forme d’éloge de la désobéissance ?

Ce serait plus drôle, non ?

FB.

adaptation : Françoise Bénéjam; musique : Michel Beuret; scénographie : Gilles Lambert; costumes : Stéphanie Prudent; marionnette : Jean-René Bouvret; construction, régie : Pascal Cabut; voix : Salvatore de Filippo, Lionel Prével et Pinocchio; administration : Maëlle Poirel